mardi 29 novembre 2016

291116


écorchée par le dire qui
creuse sa nichée de mensonges
même si pas si naïve que ça sachant bien que
depuis l’an 1 de l’éternité des Hommes
les mots sont gonflés d’or & de boue.
dans le gros sac
sans comprendre la poussée des décors
sans comprendre pourquoi sans comprendre
sans plus envie de
dans le gros sac cherche encore
la façon dont bruissent les feuilles agitées
du chêne quand le vent d’automne se met à souffler
la façon dont le cœur réagit & le ventre & le sexe
dont chaque part frémit avec les feuilles qui tombent
avec ce son de froid mais au verbe pour qu’il ne soit
pas trop injuste
il faudrait greffer la couleur rousse & grise
l’odeur mouillée de l’herbe sur laquelle les susdites
choient si légèrement qu’elles choient sans jamais choir
c’est qu’elles sont sur la branche & qu’elles sont sur l’herbe
dans l’herbe qu’elles sont l’herbe qu’elles n’ont jamais appartenu
à l’arbre que le temps désexiste que la grande main de dieu
a saisi ce moment & que la grande bouche de dieu a soufflé
sur son poing que tout a disparu la chute le souffle le poing
& dieu même
envolé très loin du mot

mardi 8 novembre 2016

081116


en général ce sont des hommes
mais on n’est pas sûrs.
en général ce sont des traits
tourmentés par des liens confus.
chacun sait qu’on n’arrivera pas à dénouer les têtes
linéaires comme des frontières à la page :
mais on n’est pas sûrs. peut-être ici encore se joue un gouvernement
de confins : oreilles – lèvres – dents – gueule – front –
front
fait de lignes crénelées de l’assemblage chaotique de petits tas de poussière
qui furent un jour dressés dans l’autre forme.
on y a cru
on continue d’y croire.
la frontière vue médiane – elle existe
vue de loin – elle expire elle agonise
vue de près – elle n’a jamais été ne sera pas s’échappe interpelle le pôle inverse des infinis.
on entend des rumeurs qui flottent autour dedans dessous
ce qui nous tient d’ici & ce qui nous tient d’étrange –
dessus on n’en veut pas –
à la moindre saillie les vivants s’agglutinent :
il est inconcevable de dire je ne suis rien
même dans un murmure.

mercredi 26 octobre 2016

261016


quand nous serons limpides que serons nous ?
clairs & éclaircis
nous aurons une rivière qui dévalera de nos ventres
transparente
& sur nos peaux des cailloux brilleront
non-nous sera frappé par ces couleurs que seule une eau
glaciale peut révéler eau glaciaire & pré-céleste
eau qui brûle tout balbutiement de désir
nos chairs grésilleront de petites bêtes aquatiques dont les vies ne sont
que tortillements & argenteries algues mousses scarabées-bijoux Hoplia coerulea
non-nous émerveillé !
nos ventres s’enfonceront dans leur lit sous le poids des lourdes marches géologiques
ou s’immobiliseront dans l’instant – légers – morts
par pleine conscience de l’ombre universelle du saule
quand elle caresse l’évanescence du fluide & du présent
puis désanimés nous rejoindrons ophélie
blanche si blanche avec nous clairs éclaircis
& très silencieux nous nous éloignerons de toutes nos traces vides


lundi 24 octobre 2016

241016


l’étendue s’étire jusqu’aux flancs des terriens.
l’horizon est piégé ici dans les parcs à huîtres
& les coquilles blessent nos pieds.
on croit le nord au sud & l’Amérique :

c’est un-deux-trois soleil sans Eurydice ni Orphée.
on doit rester groupés on doit parler sur le même fil
& vivre dans les mêmes ardeurs.
au fond sans être toi je te comprends :

laisser là tout & chanter pour les transparences
blottir son temps dans les nuées.
l’univers sécrète ses fous comme la nacre ses perles fines.
elles sont parfois vêtues trop court

& ne savent pas d’avance leur chemin.
la marée rejette leurs bouches blanches -
il suffit de tomber d’accorder contre elles son oreille
pour connaître la voix des libres fantômes de mer.

mercredi 19 octobre 2016

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nous sommes nos histoires de chair
inventées
nos histoires imaginaires
nous sommes la tension des muscles & des espoirs
vers ailleursdemain
sur le faisceau roide des forces
des oiseaux perchés prennent parfois leur essor
puis s’envolent parfois – parfois encore
nous sommes les monstres que l’on pourchasse &
le chasseur aussi noir que sa proie
nous sommes la langue qui chante &
le chant qui parle
le son converti en cri
nous sommes 3 portant en chacun un monde multiplié
nous sommes le bouquet ouvert offert
& le risque certain des blessures -
nous marchons visons devant les grands espaces
poches retournées dans la fragilité des temps qui connaissent leurs fins
yeux sans yeux
bouche naissante
nous & nous


jeudi 13 octobre 2016

131016


blanc toujours blanc
l’aube blanche redit la poitrine
sous la fureur            /            le poids des neiges
sur les plumes           /            de l’eau coule                :                    des mots
gouttes rejoignent le lac rejoignent les vapeurs rejoignent
& pluie & lac & remous ancestraux &
le voyageur bascule                       quelque part
cri sang geste douleur
plume
ou s’interrompt –                blanc –                                                     j’aime
l’armée des faits de vies inextricables  :
plus tôt le corbeau – noir très noir
derrière la dentelle de l’arbre
automne gris sans pieds mais                             tout chute blanc dans mon œil
aussi blanc
que le silence des pas imaginaires qui règlent nos destins 
 

lundi 10 octobre 2016

101016

 
accrochée au battant de la cloche
dans ce lieu où il n’y a plus de rêve
ou bien un rêve mû en absolu réel

pratiquant dedans la face informe
mouvante des horizons sans foi
avec cette eau impure qui mouille le regard

& colportée par l’incompréhension d’une rumeur d’automne
c’est à dire un genre de vanité rousse
clong clong entrepreneuse de tempes

à rebours. perdue comme toujours.
affolée par le bruit qui racle
le balancement amoureux des chairs –

c’est la vie ! les chemins d’habitude
désarment le destin & le parcours
transparent dans tes yeux délivre une nudité

qui consume nos fers. la poussière
intime dérangée sous le tapis des os
s’envole vers la bouche de monstres fragiles